Nos modes de vie de plus en plus éloignés de la nature nous font oublier le rôle du sol dans des fonctions aussi essentielles que la production de nourriture. Celle-ci a plus que doublé en quarante ans mais, dans le même temps, de vastes zones cultivées ont vu leurs sols se dégrader sans que l’on ose toujours parler de désertification. C’est vrai au Brésil qui présente de vastes espaces sub-tropicaux aux sols dégradés, mais aussi en Chine où les brumes de poussière de sols dégradés inquiètent les organisateurs des jeux olympiques de Pékin. L’Afrique que n’est pas en reste : les superficies cultivées par famille sont insuffisantes, les durées de jachères se raccourcissent et ne permettent plus de reconstituer la fertilité des sols1. Des millions de personnes en sont affectées. Initiée en Amérique latine dans les années 1970, l’agro-écologie replace le bon fonctionnement biologique des sols au centre des préoccupations des agriculteurs et des chercheurs. Elle utilise la biodiversité des sols pour en préserver et en développer la fertilité. Donner une chance au continent africain d’adap ter et d’adopter cette nouvelle agriculture que certains auteurs qualifient de « révolution doublement verte» reste aujourd’hui un défi majeur.